vendredi 11 mai 2012
Croix de chaux
L'autre jour, quelque chose a attiré mon regard alors que j'entrais sur la voie rapide en direction de Nantes. Une longère, à une centaine de mètres de là avait conservé presqu'intacte une croix de chaux. je suis retourné y voir de plus près. Le modèle est intéressant, je ne l'ai jamais rencontré dans mes petits voyages en terre rochoise.
S'agit-il d'une croix dite "de Jérusalem" avec ses quatre points ? La littérature scientifique consacrée aux croix de chaux ne me paraît pas abondante et le seul article que j'ai pu trouver à ce jour relate une enquête faite en Vendée au début du siècle : M. Beaudoin, "La croix blanche des fermes du bocage vendéen", in Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, Paris, 1908, pp 42 à 77. Cet aspect du patrimoine n'a semble-t-il pas intéressé les chercheurs... mais je me trompe peut-être. A suivre...
mardi 1 mai 2012
Sur la piste des anciennes collectes ...
Je me rappelle bien de Fernand Guériff, historien, musicien, collecteur érudit de chants populaires dans la Presqu'île de Guérande. Je suis allé le voir au début des années 1980 lorsque je commençais mes collectes.
Aujourd'hui, son Trésor des chants populaires folkloriques du Pays de Guérande est en cours d'édition par Dastum 44. Il m'avait prêté, je m'en souviens, le volume encore inédit consacré au répertoire enfantin (à cette époque il était à l'état de manuscrit) pour que je m'en inspire.
Le tome 3 sorti en 2009 contient quelques notes qui concernent la région qui m'intéresse. A la page 31 est transcrit l'air d'une chanson sur le thème des métamorphoses - J'ai fait une maîtresse il n'y a pas longtemps...- que Fernand dit avoir trouvé dans ce qu'il appelle "le recueil Fouquet". Or ce recueil contiendrait des chants de Pénestin, Camoël et Férel. Plus loin apparaît la référence :
Alfred Fouquet, Légendes, contes et chansons du Morbihan, (Caudéran), 1857.
Vous vous figurez bien que j'ai sauté sur le recueil en question (que je connaissais d'ailleurs pour l'avoir parcouru il y a quelques années...) avec une angoisse terrible : aurais-je fait l'impasse sur cette incroyable collecte ? J'ai retourné dans tous les sens le recueil, je l'ai même secoué, rien n'est tombé. Fouquet avait bien noté des chansons dans son ouvrage mais elles venaient de la région de Josselin, ainsi qu'il l'explique dans le texte introductif. Fausse alerte ? Fernand s'est-il "trompé" de recueil ? Avec lequel a -t-il confondu alors ? Y aurait-il quelque part un "manuscrit Fouquet" rempli de chansons d'ici ?
Or, plus loin, à la page 67, nouvelle surprise : "Voici une jolie chanson recueillie à Missillac par la marquise de Montaigu vers 1920". (Là-bas sur la montagne, j'ai entendu pleurer...) avec paroles et musique. Surprise : j'ignorais totalement que la marquise collectait des chants. Cela m'intéresse grandement : mes arrières-grands-parents étaient fermiers du marquis de Montaigu. Auraient-ils été parmi les informateurs ?
Et voilà, la recherche continue...
mardi 24 avril 2012
Lâcher de chants (suite finale)
Bonjour à tous,
La date du weekend "Lâcher de chants" est fixée :
Samedi 24 novembre de 10h à 18h
Dimanche 25 novembre de 10h à 18h
salle Richelieu (près du camping), La Roche-Bernard
L'idée est, je vous le rappelle, d'interpréter en continu un maximum - l'intégrale ? - des chants collectés - et publiés dans les trois premiers volumes de Instants de Mémoire - dans la région proche de La Roche-Bernard. Je fais donc appel à tous les chanteurs et instrumentistes intéressés (il y a un répertoire "accordéon") pour y participer.
Je peux vous envoyer une liste des titres des chants à interpréter - avec les références volume et page - et vous me direz lesquels vous pensez chanter et m'indiquer le ou les moment(s) : début/fin de matinée, début/fin d'après-midi...) qui vous convien(en)t. Vous pouvez chanter soit seul, soit à plusieurs, soit accompagné...
Il y aura sur place une petite sono avec deux micros. La salle n'étant pas grande, il est possible de faire sans. Je ne pourrai pas faire de balances-son, il n'y aura pas le temps car il faut enchaîner le plus vite possible.
Je ne pourrai pas non plus vous envoyer d'exemples sonores des différents chants. Il faudra les déchiffrer vous-mêmes (l'occasion unique de se (re)mettre au solfège!) ou trouver quelqu'un qui peut vous dépanner.
Vous pouvez bien sûr en parler autour de vous et renvoyer ce mail. Le samedi 24 novembre, l'association Pengobilo organise un fest noz à Férel, avec entre-autre Toure Louis (Rachel Goodwin - piano, Joël Bosc - chant et votre serviteur), qui vous fera danser les "danses typiques et folkloriques" de la région rochoise : le rond, le contrerond, le bal à quatre sauts.
Vous aurez complété ainsi vos connaissances sur le patrimoine local et après tout ça, vous serez incollables.
Bref, prévoyez donc de rester dans le coin tout le weekend, ce sera plus simple !
Voilà, je crois que c'est tout pour le moment.
jeudi 23 février 2012
Une chanson collectée... en 1894 !
Visite hier dans le fonds Abel Soreau conservé à la Médiathèque à Nantes. Abel Soreau est bien connu des amateurs de chant traditionnel en Pays nantais. Professeur de musique à Saint-Stanislas, l'abbé Soreau, compositeur et musicien émérite qui correspondait avec Charles Gounod (rien que cela !), s'est intéressé au chant de tradition orale de sa région natale. Il a fait publier une série de fascicules de chants traditionnels arrangé par ses soins pour voix et piano et collectés un peu partout dans le département de la Loire Inférieure et ses alentours immédiats. Ainsi, nous avons, près de chez nous, des chants de Pontchâteau, la Chapelle des Marais, d'Assérac, d'Herbignac et... miracle ! un chant "des environs de La Roche-Bernard" ! (Fonds Soreau, Ms 3074)
Je vous l'ai recopié. C'est un très joli chant qui irait bien pour danser le rond, mais qui, apparemment, lui a été chanté comme un air lent (si j'en crois le point d'orgue de la mesure 5). Des traces d'ornementation sont indiquées, (autant de gagné pour le style), sur le refrain aux mesures 10 et 12.
Puisque j'en suis à parler du refrain, il est original car les paroles changent à la fin de la chanson : Rossignol ah, meshui...". Meshui est un vieux mot qui veut dire en gros, "à partir de maintenant".
J'ai pu retrouver dans mes collectes des équivalents assez proches. Spot publicitaire : comme par exemple celui reproduit dans Instants de mémoire, volume 1, page 55.
Abel Soreau indique aussi, en haut de la partition, que le chant lui a été "communiqué par Mr Joseph Tallendeau du Montrut, le 5 septembre 1894". Joseph Tallendeau est né à La Roche-Bernard en 1872 et écrivit des articles dans divers journaux (dont mon préféré : le Nouvelliste !) sous le nom de Vicomte du Hautais. C'était un poète et un musicien, un passionné d'histoire locale...
J'ai descendu au jardin est à ma connaissance la chanson la plus anciennement collectée dans notre région qui nous soit parvenue complète. Le Comte d'Amezeuil en 1863 avait bien publié les paroles de chants entendus au Haut-Verger en Nivillac mais il y manque la mélodie (Comte d'Amezeuil, Récits Bretons, Paris, 1863).
vendredi 17 février 2012
Rêverie
Eugène Dréan était mon arrière-arrière-grand-père. Né à Nivillac en 1818, Eugène s'installa comme cordonnier à La Roche-Bernard vers 1840. Il faut dire ici que dans ma famille paternelle, on "naît" cordonnier depuis la fin du 17e siècle...
Ces années-là, des voyageurs aujourd'hui célèbres vinrent aussi à La Roche-Bernard et parmi eux Flaubert, Stendhal... Alors je rêve : Eugène a-t-il croisé Gustave dans la rue de la Saulnerie ? lui a-t-il parlé autour d'une fillette de vin de Pénestin à l'auberge du père Poulmann, en haut de la rue du Passage ?
Mais bon, réveillons-nous, tout cela n'était pas l'objet premier de ce message. Flaubert et Stendhal ont laissé des descriptions de la ville. Le premier n'était pas tendre avec elle et pensait qu'il fallait la rayer de la carte de la France. Le second, plus ému, comparait la Vilaine à La Roche au Rhin à Coblence. La question que je me posais ce matin, au saut du lit et la tête pleine de rêves comme celui que je vous ai raconté plus haut, était de savoir ce qu'en aurait pensé Eugène mon ancêtre. Quel rapport esthétique, s'il en avait un, entretenait-il avec la ville ? Comment l'aurait-il décrite ?
J'allume la lumière, je m'installe pour lire avec une tasse de thé et hop ! j'attrape le premier bouquin venu dans ma bibliothèque : "Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot" d'Alain Corbin...
Ces années-là, des voyageurs aujourd'hui célèbres vinrent aussi à La Roche-Bernard et parmi eux Flaubert, Stendhal... Alors je rêve : Eugène a-t-il croisé Gustave dans la rue de la Saulnerie ? lui a-t-il parlé autour d'une fillette de vin de Pénestin à l'auberge du père Poulmann, en haut de la rue du Passage ?
Mais bon, réveillons-nous, tout cela n'était pas l'objet premier de ce message. Flaubert et Stendhal ont laissé des descriptions de la ville. Le premier n'était pas tendre avec elle et pensait qu'il fallait la rayer de la carte de la France. Le second, plus ému, comparait la Vilaine à La Roche au Rhin à Coblence. La question que je me posais ce matin, au saut du lit et la tête pleine de rêves comme celui que je vous ai raconté plus haut, était de savoir ce qu'en aurait pensé Eugène mon ancêtre. Quel rapport esthétique, s'il en avait un, entretenait-il avec la ville ? Comment l'aurait-il décrite ?
J'allume la lumière, je m'installe pour lire avec une tasse de thé et hop ! j'attrape le premier bouquin venu dans ma bibliothèque : "Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot" d'Alain Corbin...
vendredi 3 février 2012
Jeanne d'Arc et La Roche-Bernard
C'est cette année le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc. Je vous laisse faire le calcul et je vous laisse aussi vous documenter sur l'histoire des célébrations et autres "récupérations" de l'image du personnage. Je reste pour ma part dans le cadre de ma région et de son histoire.
Comme dans toute le France, on a fêté Jeanne d'Arc dans la région de La Roche-Bernard, de la fin du 19e siècle au début du 20e siècle. Dans les villages, on se réunissait autour des feux allumés sur les hauteurs pour y chanter des cantiques en l'honneur de la sainte (lors de mes enquêtes, les mémoires ont d'ailleurs un peu confondu parfois les feux de la Saint-Jean et ceux allumés en l'honneur de Jeanne d'Arc, le soir du 13 mai). Dans la ville de La Roche, les cérémonies étaient plus "pompeuses", avec retraites aux flambeaux et feux d'artifices ! (si, si !!!), le jour anniversaire de son "martyre à Rouen". Voici ce qu'en dit l'article publié le 3 juin 1894 dans le Nouvelliste du Morbihan, mon journal préféré :
" Dimanche soir, une fête magnifique en l'honneur de Jeanne d'Arc a eu lieu à La Roche-Bernard. La ville et les établissements publiques ont été pavoisés le jour, illuminés le soir ; [la ville] a été égayée en outre par une retraite aux flambeaux et un feu d'artifice. Un Te Deum solennel a été chanté à l'issue des vêpres. Il a été fort bien organisé par Mr l'abbé Camper avec le bienveillant concours d'Ephrem Boterf, maire de la Roche-Bernard."
D'après les témoignages oraux, la célébration autour des feux de la sainte Jeanne d'Arc dans les villages cessa à la fin des années 1930. J'aurai à découvrir quand ces célébrations cessèrent à La Roche-Bernard...
Comme dans toute le France, on a fêté Jeanne d'Arc dans la région de La Roche-Bernard, de la fin du 19e siècle au début du 20e siècle. Dans les villages, on se réunissait autour des feux allumés sur les hauteurs pour y chanter des cantiques en l'honneur de la sainte (lors de mes enquêtes, les mémoires ont d'ailleurs un peu confondu parfois les feux de la Saint-Jean et ceux allumés en l'honneur de Jeanne d'Arc, le soir du 13 mai). Dans la ville de La Roche, les cérémonies étaient plus "pompeuses", avec retraites aux flambeaux et feux d'artifices ! (si, si !!!), le jour anniversaire de son "martyre à Rouen". Voici ce qu'en dit l'article publié le 3 juin 1894 dans le Nouvelliste du Morbihan, mon journal préféré :
" Dimanche soir, une fête magnifique en l'honneur de Jeanne d'Arc a eu lieu à La Roche-Bernard. La ville et les établissements publiques ont été pavoisés le jour, illuminés le soir ; [la ville] a été égayée en outre par une retraite aux flambeaux et un feu d'artifice. Un Te Deum solennel a été chanté à l'issue des vêpres. Il a été fort bien organisé par Mr l'abbé Camper avec le bienveillant concours d'Ephrem Boterf, maire de la Roche-Bernard."
D'après les témoignages oraux, la célébration autour des feux de la sainte Jeanne d'Arc dans les villages cessa à la fin des années 1930. J'aurai à découvrir quand ces célébrations cessèrent à La Roche-Bernard...
mardi 10 janvier 2012
lâcher de chants (suite...)
Finalement, après discussions et sondages auprès de mes ami(e)s-collègues-chanteurs de Dastum qui me semblent indispensables au bon déroulement de l'événement, le projet du lâcher de chants changera de date. En effet 2012 étant une année anniversaire (40 ans pour Dastum, 20 ans pour Dastum 44), la journée du patrimoine était déjà prise... Je vous tiens au courant.
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